Romain Didier
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Le répertoire de chansons de Romain Didier, tout un univers en partage

par Pétra Wauters

Ce samedi 4 septembre à la salle des fêtes Allain Leprest de Venelles en Provence, à quelques encablures d’Aix, Romain Didier, dont le nom est intimement lié à celui de son ami, chanteur et auteur disparu en 2011, nous livre un récital à cœur ouvert.  

Si Allain Leprest a tiré sa révérence, laissant derrière lui des milliers de chansons, l’homme qui est sur scène devant son piano nous embarque lui aussi, car la musique et les mots sont de cette veine « Leprest » qui donnent le frisson.


Assurément, Romain Didier est un musicien exceptionnel. On ne peut imaginer de musique plus belle pour porter ces textes. Ses mots à lui, principalement, nous touchent autant que la mélodie. Les chansons glissent les unes après les autres, sans heurts, avec de petits interludes musicaux, connus de tous, qui ne sont pas juste là pour nous divertir. Ils nous préparent à ce qui arrive et l’on suit avec bonheur ses doigts virtuoses qui flottent sur le clavier, les caressent ou les martèlent, suivant la chanson à venir ; paisible ou contemplative, nostalgique ou espiègle, amère ou sucrée, jamais de colère ni de tempête, et toujours à propos. Une évidence !  

Une vague de poésie nous submerge. « Dans ce piano tout noir », du nom de son album, il nous chante de sa voix de velours, charmeuse et caressante : 

« J’suis né en Blue-jean à 20 ans, j’suis né sans racines, j’suis né comme un grand, j’suis né sans un cri, sans un mot, les mains sur le piano »… Il n’a jamais « appris » le piano du reste, mais il le connait si bien. On s’étonne tant son jeu est limpide et impressionnant. Pas d’arrêt sur image, pas de réelle pause, juste des respirations musicales et le musicien de nous embarquer toujours plus loin au fil du concert. S’il n’est pas « médiatisé », il n’est pas pour autant dans l’ombre, l’homme est intemporel, d’une simplicité et d’une humanité évidentes, un génie, je vous le dis !  Pourtant rare sur les ondes… comme Leprest. 

Sur son nouvel album « Souviens-moi », on a envie de lui dire « Oui, et pour longtemps encore ! »

« Ce nouvel opus a été écrit et enregistré en partie sous confinement » explique-t-il. « C’est un voyage vers l’intérieur là où, contre toute attente, les espaces sont les plus vastes. ». Infinis, pourrions-nous ajouter.

 Intimité, nostalgie, mais sans larmoiements, même s’il est vrai qu’on peut y aller de « sa petite larme » …  Ce pourrait être « la goutte d’eau » dont il nous parle si joliment et qui nous fait rêver d’ « ailleurs ». On peut mouiller ses yeux encore en plongeant dans « la nostalgie », qui vient « comme ça, même quand le ciel est bleu, qu’il y a du soleil et des rires et des gens heureux ». Nous nous reconnaissons. Et « Si on ne s’aime plus » l’hiver sera sévère. La chanson cependant est douce en ce début d’automne, « qui porte encore quelques habits d’été ».

On le fréquente enfant, ce Didier « Petit », de son nom de naissance, on l’aime quand il grandit et qu’il nous attendrit : « J’ai beau chercher, j’reconnais mal le p’tit garçon qui port’ mon nom », et on rit de ses « calculs », quand il fait l’inventaire de sa vie de couple et nous dit  avec espièglerie, « J’ai noté » : J’ai noté vingt « je vais t’quitter, et vingt et un je vais rester », et la liste est longue et si drôle, on vous invite à la consulter, vous trouverez à méditer ! 

« J’hésite encore, pour les baisers à compter l’nombre ou l’temps passé ». 

Drôles ces images, quand « dix pieds sous terre », un pissenlit pour tout périscope, il nous parle de la mort, « quand j’aurai fait ma dernière syncope, que j’serai d’venu un spéléo de carrière… » et on tend l’oreille, car le texte est, là encore, jubilatoire, et l’homme a des projets, pour cette période noire qu’il nous fait partager.  Un grand moment ce concert, une redécouverte pour nous qui l’écoutions, sans l’avoir vu sur scène. Nous quittons la salle le cœur chargé de souvenirs et des émotions pleins la tête. 

Pour en savoir plus,
TROIS CONCERTS SUR LE WEEK END sur l’initiative de Bruno Durruty,  chargé de la programmation des concerts « Chanson Française ». Ce concert s’inscrit dans un hommage à Allain Leprest, avec, sur les trois jours, la présence du producteur Didier Pascalis.  

Deux autres concerts au programme :
Vendredi 3 septembre :  Jehan – Lionel Suarez « Leprest – Pacifiste inconnu ». La voix de Jehan  et l’accordéon de Suarez se sont unies pour livrer les textes magnifiques d’Allain Leprest.  Une histoire d’amitié aussi. Cela se sent, cela s’entend. Leprest est là, parmi nous.  

Dimanche 5 septembre dans un ambiance feutrée, confidentielle, Enzo Enzo nous livre quelques pépites d’« Eau Calme » son nouvel album : quelle classe ! Le concert est magnifique, drôle, jazzy.  Avec des compositions de Romain Didier, Art Mengo, Kent, pour n’en citer que quelques-uns, et bien sûr, Allain Leprest.  L’interprète de « Juste quelqu’un de bien », chanson signée Kent, prouve, si besoin était, qu’elle est plus que cela ! On est charmé par sa voix, les textes bien sûr et les jolies mélodies jouées à la guitare par son fils Elliot et Lucien Zerrad tous deux d’excellents musiciens. Une belle complicité s’est installée dès les premières notes, et l’on a partagé « entre amis » quelques savoureuses anecdotes. On aime son côté nature, Enzo Enzo sans tralala strass ou paillette.   

On a hâte de la retrouver dans des concerts qui lui ressemblent, nimbés de tendresse et d’humour. Elle sera à la cigale à Paris le 7 décembre 2021 – 

Illustration de l’entête: Romain Didier. ©photo Nicolas Blanchard

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