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La trahison de Nathan Kaplan, une histoire de barbouzes peu ordinaires

par Émile Cougut

Nathan Kaplan, patron d’une holding dans les travaux publics qu’il a créée est-il un traître ? C’est du moins ce que pensent deux tueurs missionnés pour l’éliminer. Mais l’opération se passe mal, l’un des deux est victime d’un accident de la circulation alors qu’il essayait de fuir et décède. La police judiciaire enquête et la vérité est bien plus complexe que les apparences ne le laissaient penser. Car le mort est un ancien de la DGSE. Pas un membre du service action, mais du service de soutien, et son acolyte travaille dans le même service.

Ce qui est certain, c’est que très vite, il paraît certain que la DGSE n’a jamais demandé l’élimination de Nathan Kaplan. L’enquête se dirige vers un centre de tir sportif en banlieue parisienne que fréquente assidûment Sylvain, patron de sociétés de surveillance, mais aussi d’une entreprise d’ingénierie dans les travaux publics, appartenant à sa compagne, ancienne liaison de Nathan Kaplan dont elle est toujours amoureuse (et réciproquement). Cette société est en grande difficulté et voit des marchés pris par la Holding de Kaplan.

De fait, Sylvain et le patron du centre ont créé une sorte d’alliance qui offre ses services qui consistent à aider leurs riches clients confrontés à des syndicalistes (mauvais payeurs, etc.) qui les empêchent de vivre comme ils veulent. Pour ce faire ils font appel non point à des personnels du service action, mais à ceux des fonctions supports (des personnels souvent frustrés par la morgue des « espions » qu’ils rêvent tous de devenir). Alors, quand on leur parle de missions voulues par Mortier (nom de caserne où siège la DGSE) et qu’en plus, il y a quelques milliers d’euros en liquide à la clef, ce ne sont pas les volontaires qui manquent.

Ce qui est certain, dans ce bal des faux semblants, du paraître, mais où prime avant tout le confort matériel et moral d’une certaine élite, c’est que Nathan Kaplan n’a pas trahi.

Olécio partenaire de Wukali

Pour écrire ce roman, Alain Schmoll est parti d’un fait divers qui a fait la une des médias il y a quelques années dans lequel d’anciens agents de la DGSE avaient eu un rôle de vrai barbouze. Cela ne remet  pas en cause la déontologie de l’immense majorité des militaires travaillant en son sein, mais toute institution, hélas, comporte des éléments déviants. Et il suffit que certains, qui disposent de moyens financiers les détectent pour qu’ils servent des intérêts on ne peut plus privés, eux qui ont défendu la France et l’intérêt général. Et de fait, certains, dans les médias et autres réseaux sociaux, mais pas qu’eux, font des amalgames faciles car il n’est pas évident de savoir, ou du moins de faire l’effort de démêler le vrai du faux,.

Inutile de vous dire que l’on est loin, très loin de James Bond ou de John le Carré. Plus proche des Branquignoles ou des Pieds nickelés qui pensent avant tout à l’argent et au matériel. En plus quand les frustrations professionnelles et les déceptions amoureuses s’emmêlent, tout finit par déraper.

Une histoire originale, mais qui, en fait, ne fait que refléter une réalité peu glorieuse.

La trahison de Nathan Kaplan
Alain Schmoll

éditions Ciga 11€90

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