Ses concerts rassemblent des foules impressionnantes et la musique électro acoustique dont il est depuis les années cinquante avec Pierre Schaeffer l’initiateur aujourd’hui triomphe. Il y a moins d’un an, la salle de l’Arsenal à Metz était comble rassemblant un public joyeux venu l’écouter dans sa« Metz pour un temps présent».

Bien étonnés seraient les jeunes agités qui gesticulent joyeusement lors de parades musicales festives ou dansent dans les discothèques sur des rythmes syncopés d’un niveau sonore à briser les tympans s’ils savaient qu’ils doivent leur plaisir à un vieux monsieur, clone parfait du Père Noël, qui pourrait être leur grand-père .

Les passions de Pierre Henry sont multiples comme est son besoin de vouloir créer des formes et des mondes. C’est précisément le sens même de cette exposition qui lui est consacrée au Musée d’art moderne de la ville de Paris.

Au sein du parcours des collections permanentes inauguré le 27 juin 2013, le Musée d’Art moderne présente une cinquantaine d’œuvres inédites de Pierre Henry rassemblées sous le titre Autoportrait en 53 tableaux.

Inventeur avec Pierre Schaeffer de la musique concrète au début des années 1950, le compositeur français Pierre Henry (né en 1927, il vit et travaille à Paris) est un artiste mondialement reconnu de la scène musicale contemporaine. Dès 1971, l’ARC 2, département contemporain du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, a été le réceptacle de plusieurs de ses créations. Ainsi, Pierre Henry a interprété en 1976 dans l’auditorium du musée une série de douze concerts de compositions électroacoustiques dans un « Parcours-Cosmogonie ». Il y a quelques mois il s’est produit à l’Arsenal à Metz dans un concert événement à Metz qui connut un succès retentissant et rassembla tous les publics.

Par ailleurs, Pierre Henry a élaboré depuis plus de vingt ans un langage plastique singulier en parallèle avec son travail sonore. En effet, l’artiste réalise des tableaux, le plus souvent sur des panneaux de bois, qui sont constitués d’assemblages de matériaux composites et fragmentés, en particulier les composants provenant de ses appareils d’enregistrement ou de mixage devenus obsolètes. « Ces tableaux, souligne l’artiste, j’aime les appeler peintures concrètes. » Accrochées par lui-même en salle 14bis, ses peintures se déploient sous la forme d’une « partition visuelle » synthétisant en cinq épisodes les chapitres décisifs de sa carrière musicale et les collaborations majeures avec d’autres créateurs comme le chorégraphe Maurice Béjart (1927-2007).

Selon ses termes, Pierre Henry « invite à découvrir hors-les-murs de sa Maison de sons cet univers imaginaire qui prolonge sa galaxie musicale : un univers explorant mystérieusement une nouvelle réalité picturale ».

Cette exposition s’inscrit dans une série d’hommages rendus à des artistes travaillant en France ou à Paris par le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Elle fait suite aux présentations des œuvres de Bernard Dufour (2008), Jean Dupuy (2009) et Claude Garache (2012).


Pierre Henry en 53 tableaux

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris

(27 juin – 1er décembre 2013


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