World collectionnors V. Big museums, a difficult game


1967 : La National Gallery de Washington achète le portrait de Ginevra Benci, de Léonard de Vinci, au prince régnant de Liechtenstein.  

Suite à l’article concernant la collection de peintures des princes de Liechtenstein exposée à Aix-en-Provence, j’aimerais rappeler la meilleur transaction, sur le long terme, réalisée par la National Gallery of Arts de Washington en 1967 : l’achat du célèbre tableau représentant Ginevra Benci, peinture de Léonard de Vinci, (38 cm x 37 cm), pour 5 millions de dollars au prince régnant de Liechtenstein.

Pour l’époque, le chiffre est astronomique. A tel point qu’il sera un record du monde pendant une bonne dizaine d’année. Pour notre temps, c’est moyen, même en actualisant le chiffre : 42/43 millions de dollars…Quand on voit les prix atteints ces derniers temps sur Bacon ou sur Picasso, on reste rêveur : quel en serait le prix d’adjudication aujourd’hui ?

  • La seule référence possible, c’est le dessin rehaussé de couleurs de Léonard retrouvé par un grand collectionneur américain vivant en Europe et dont le découvreur écrivit ce joli petit livre intitulé : «  La princesse perdue de Léonard de Vinci  » ( Peter Silverman et Catherine Whitney). Il s’agit de la fille de Ludovic le more dont la valeur vénale a été estimée autour de 80 millions de dollars…Alors ? C’est une enchère-fiction…No limit, comme disent les Américains? Peut-être pas…150 à 200 millions de dollars ??? Au moins…
  • La puissance attractive de Léonard est telle que les grands acheteurs mondiaux, assis sur leurs tas d’or, se précipiteraient : imaginez un peu ce que représenterait l’acquisition du dernier tableau de Léonard encore en mains privées ! Un triomphe pour l’acquéreur qui pourrait étaler sa fortune et sa réussite à la face du monde…S’il s’agit d’une personne physique bien entendu : après tout, une fondation, une multinationale ou un pays pourraient se mettre sur les rangs…

J’ignore quelles furent les motivations du vendeur. Ce dont je suis sûr, c’est que la transaction a du être complexe et très diplomatique…Et bien menée par les négociateurs américains… Qui ont eu mille fois raison de se lancer dans cette aventure… Je ne doute pas que le vendeur avait besoin de cet argent mais c’est bien regrettable pour lui, près de 50 ans après…!

Comme quoi les chefs d’œuvre anciens finissent toujours par atterrir dans un des grands musées du monde… Que l’on pense à « L’Astronome  » de Vermeer du Louvre, autrefois propriété des Rothschild. Et c’est bien ainsi !

Jacques Tcharny


WUKALI 08/11/2015
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