A prolific author and philosopher who invented the word « unconscious » 


Qui se souvient encore d'[**Henri-Frédéric Amiel*] ? Cet écrivain et philosophe suisse (1821-1881) est resté célèbre grâce à son journal intime (et non grâce à ses autres œuvres à l’exception toutefois des paroles de la chanson patriotique Roulez, tambours  ! Et surtout par le mot qu’il a créé : l’inconscient (au sens de ce qui n’est pas conscient)) qui remplit 15.000 pages !

[**Roland Jaccard*], imagine les dernières pages de celui-ci. L’auteur sait qu’il est au soir de sa vie et procède à une sorte de résumé d’introspection de sa vie. Il s’y décrit comme une personne mélancolique, légèrement aigri, quelque peu égoïste, souvent indécis. Surtout avec les femmes. Il aurait bien voulu, lui le séducteur impénitent, fonder un foyer, avoir un enfant (enfin, plus exactement un fils), mais à chaque fois qu’il fait un bilan « coûts/avantages » de la vie de famille et du célibat, c’est toujours ce dernier qui l’emporte. Et de fait, aucune femme ne trouve grâce à ses yeux, essentiellement parce qu’elles aussi finissent par vieillir et n’ont plus le corps qui le fait rêver, fantasmer. Une exception dans son carnet digne de Don Juan, sa cousine Cécile, le seul vrai amour de sa vie, amour platonique s’il en est, car elle s’est suicidée à une quinzaine d’années, façon élégante de ne pas voir son corps atteint par « l’irréparable outrage du temps » comme l’écrivit Ronsard.

Mais surtout, à travers la plume de Roland Jaccard, Henri-Frédéric Amiel se décrit comme un misogyne militant. Qu’on en juge : « Les femmes n’aiment pas la vérité : si elles ne faisaient que l’entrevoir, elles se tueraient.» « Les femmes exigent trop: elles veulent être traitées en princesse, atteintes qu’elles sont pas le syndrome du bovarysme.»

Grâce à ce petit livre, [**Roland Jaccard*], incite à lire le journal d’ [**Henri-Frédéric Amiel*], tant le lecteur ressent toute la nostalgie, la méchanceté, la mélancolie, l’acédie, mais aussi le réalisme, l’auto-analyse qu’il doit contenir. Indéniablement si vous avez aimé l’œuvre de [**Cioran*] et le journal de [**Marcel Jouhandeau*], vous devriez apprécier celui d’Henri-Frédéric Amiel.

[** Émile Cougut*]


[**Les derniers jours d’Henri-Frédéric Amiel
Roland Jaccard*]
Serge Safran éditeur. 16€90
En librairie à partir du 13 septembre


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