From forced labour to the highest grade in the Police hierarchy. A true story during Napoleon’s reign


[**Eugène François Vidocq*], un vrai mythe de l’histoire de France. Un nom que peu de Français ignore, sans savoir vraiment que l’homme a véritablement existé et quelle fut sa vie. Il faut dire que « l’originalité » de son destin en a fait un vrai héros moderne. Héros dans le même sens que ceux que les mythologie nous ont légués à l’instar d’un Jason, Hercule et autre Orphée ou Ulysse.

Il est bien connu que chaque époque génère ses mythes et fabrique ses héros qui, au fils des temps, des reprises, des réécritures deviennent des symboles Et le moins que l’on puisse dire c’est que c’est vraiment le cas pour Eugène François Vidocq, qui, alors qu’il était encore vivant, est devenu un personnage des plus importants de ce genre littéraire qui prend son essor en ce début du XIX siècle : le roman. Et ce ne sont pas n’importe quels écrivains qui se saisissent de ce personnage (qu’ils ont connu, fréquenté) :[** Balzac, Hugo, Sue*], excusez du peu. Avec de tels chantres, bardes, il était évident que sa postérité était assurée. Et en plus, comme les moyens de communication, de loisirs se sont développés, Vidocq, enfin le « mythe » Vidocq a connu un prolongement : le voilà devenu héros de téléfilms, de séries télévisuelles, de films, et toujours de romans. Pas toujours comme personnage principal, mais souvent il est comme une ombre, un sorte « d’élément d’arrière plan », qui, par sa seule présence, explique en grande partie le déroulement de l’histoire.

Peu de personnages ayant véritablement existé ont connu ce destin, cette importance. Par certains aspects, [**Joseph Fouché*] peut lui être comparé.

Eugène François Vidocq est né en 1775 à Arras et, fils de boulanger, son avenir était tout tracé. Mais très jeune il fait montre d’une certaine indépendance et se révolte contre son milieu familial. Si son père représente l’autorité, sa mère (qui le suivra plus tard) lui pardonne tout. Il est bagarreur, apprend très vite l’escrime, doté d’un vrai charisme, il est un coureur de jupons quasi maladif. Quoiqu’il en soit, à peine adolescent il fugue (avec les économies familiales) et commence une vie plus que mouvementée : soldat, marionnettiste, corsaire et j ‘en passe, qui le conduise (entre quelques allers et retours à Arras) d’abord en prison puis au bagne. Il s’évade de celui de Brest assez vite, et repris, fait de même de celui de Toulon.

Comprenant que le crime ne paie vraiment pas et qu’il risque l’échafaud, il va proposer ses services au préfet de police de Paris. D’abord « mouton » en prison, il est « protégé » par le célèbre [**inspecteur Henry*], en quelque sorte le père fondateur de la police judiciaire « moderne ». Sous ses ordres, Vidocq développe tous ses talents servis par une mémoire visuelle extraordinaire et un vrai savoir au niveau des déguisements. Ses résultats sont extraordinaires et il finit par se voir confier la création de la sûreté de la préfecture (l’ancêtre de la police judiciaire). Ses méthodes sont assez décriées, il n’hésite pas à faire ce que l’on appelle de la « provocation policière », par exemple en fournissant le matériel pour les cambriolages, ses hommes, d’anciens bagnards et autres repris de justice sont peu appréciés des fonctionnaires de police.

Il s’attire de nombreuses inimités dans les milieux de la police, essentiellement par jalousie. Il finit par démissionner et monte la première agence de détective privée. Dans ce domaine aussi, il a des résultats impressionnants qui font de l’ombre aux services officiels. Bien que mis au moins deux fois en prison, il réussit à se sortir toujours des embûches.

La fin de sa vie est bien plus terne, il espère toujours, mais en vain que le pouvoir le rappellera, il finit par bénéficier, alors qu’il est presque ruiné, d’une pension de l’empereur. Il s’éteint en 1857 à 82 ans alors qu’il espérait finir centenaire.

Personnage de roman dès son vivant, il est l’auteur de quelques œuvres dont ces célèbres mémoires dont les deux tiers sont totalement fausses car sortie de l’imagination de son « nègre ».

[**Bruno Roy-Henry*] retrace la vie de cet homme « extraordinaire » au sens étymologique du terme. Il n’hésite pas à réfuter certaines théories développées par d’autres biographes. Avec une parfaite honnêteté il fait par de ses doutes et laisse le lecteur à se faire une opinion. Par exemple Vidocq a-t-il fait partie d’une bande de chauffeurs ?

Toute cette biographie est remplie de « faits divers » qui ont fait l’actualité en France en ce début du XIX siècle et dont il participa, très activement, à l’interpellation des auteurs.
Concomitamment, les éditions Archipoche, rééditent Les Mémoires authentiques de Vidocq, un excellent complément de lecture pour se plonger dans la société de l’époque et ses « bas-fonds ».

[** Pierre de Restigné*] |right>


[**Vidocq
Bruno Roy-Henry*]
éditions de l’Archipel. 20€

[**Les Mémoires authentiques de Vidocq*]
Préfacés et annotés par [**Roger Martin*]
Archipoche. 7€80


[(


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WUKALI Article mis en ligne le 15/12/2018)]

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