Nous pourrions nourrir dans WUKALI au quotidien une rubrique consacrée aux vols et aux trafics d’oeuvres d’art partout dans le monde1*. En effet, il n ‘y a pas un jour sans qu’ici ou là et à des degrés divers, des oeuvres ( et souvent même des chefs d’oeuvre ), ne disparaissent ou ne soient escamotés, tant dans des collections privées que dans des musées, des sites archéologiques ou des monuments patrimoniaux ! Le vol d’œuvres d’art participe de la criminalité internationale, au même titre que les autres trafics comme la traite d’êtres humains, le trafic de drogues, le trafic de marchandises et d’armes illicites, les vols à main armée, la contrefaçon et le blanchiment d’argent2*. Nous n’oublierons pas non plus dans ces listes ces démonstrations happening consistant à convoquer la presse pour maculer une oeuvre célèbre !
Pas plus tard que ce 15 août 2026, c’est en Italie et au musée régional de Messine en Sicile qu’un polyptyque de Antonello de Messine (1430-1479) a été subtilisé.
Quelques mots d’abord sur Antonello da Messina. Il fut un passeur, un voyageur ( il a séjourné à Naples et Venise), un humaniste bien entendu, imbibé de la peinture flamande, notamment de l’art de Jan van Eyck, qu’il découvrit lors de son séjour à Naples concomitamment avec la découverte de la pratique de la peinture à l’huile, mais aussi de Jean Fouquet le peintre français qu’il connaissait et admirait. Vasari ( 1511-1574) parle de lui. Signalons s’il en était besoin que l’Italie de cette époque était divisée en de multiples états. Son art du portrait est saisissant avec une attention psychologique( pardon pour l’anachronisme) jusque là inconnue dans l’art de la péninsule italienne. À cet égard le musée du Louvre possède un très beau portrait, une huile sur bois, Le Condottière, datant de 1475

Musée régional de Messine
Le compartiment central fait 129 × 76 cm, les latéraux 125 × 63 cm, le supérieur gauche 65 × 62 cm et le droit 65 × 55 cm.
A Messine, l’enquête est en cours et pour l’instant quatre gardiens en service dans le musée ont été mutés… Les autorités politiques régionales en la personne de Renato Schifani ( Forza Italia) y sont allés de leurs couplets sécuritaires ( pour le moins et comme toujours après l’effraction bien sûr !).
Si le fric frac à la disqueuse de la Galerie d’Apollon du Louvre et des joyaux de joaillerie qui y étaient exposés a fait la une de tous les médias du monde, du Siam à la Californie3*, ce n’est certes pas le moindre des coups de main bien entendu visant la désignation d’une oeuvre célèbre, mais l’histoire de l’art nous rappelle ponctuellement la fragilité de l’oeuvre et surtout les chemins de hasard que parfois elle empreinte après sa disparition des cimaises pour revenir ( ou non ) en lumière après son enlèvement choquant.
Dans ces deux cas tant à Paris au Louvre qu’en Italie à Messine, on suggère que les services des musées soient dotés en interne de service de police afin de faire face à cette criminalité en expansion. Bon Dieu mais c’est bien sûr4* !
Oserons nous: La suite au prochain numéro !
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Notes
1* voir par exemple notre récent article consacré à la demande de restitution d’un Picasso volé au Guggenheim de New York
2* voir Europol
3* Du Siam à la Californie, formule reprise à Voltaire dans La prière à Dieu
4* Expression devenue célèbre prononcée par le commissaire Bourrel, alias Raymond Souplex, et tirée d’une série télévisée de la RTF Les cinq dernières minutes.


