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Dernier concert du festival 2023 de La Roque d’Anthéron

par Pétra Wauters

Ce Samedi 19 Août à 21 h : dernier concert au Parc du Château de Florans de la 43ème édition du festival de La Roque d’Anthéron

On pouvait penser qu’après le 15 août, il ne ferait plus aussi chaud, c’était sans compter sur cette météo contrariante et difficile à anticiper.

On s’évente, on boit, on attend en se régalant déjà du programme que l’on a choisi, que plus de 2000 personnes ont choisi plutôt, devrions-nous dire ! Le Trio Zeliha avec Manon Galy au violon, Maxime Quennesson au violoncelle et Jorge González Buajasan au piano. Avec eux sur scène, l’orchestre de chambre de Lausanne et le toujours très attendu Renaud Capuçon au violon et à la direction. 

Vers 21 h, le petit miracle se produit :  la musique pour se ragaillardir, se rafraichir, se réconforter. La musique providentielle, salvatrice. 

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Festival international de piano de La Roque d'Anthéron 2023
La Roque d’Anthéron 19/08/2023
Photo Valentine Chauvin

Renaud Capuçon est toujours visiblement heureux de venir à la Roque d’Anthéron, lui qui écume les scènes du monde entier. « C’est l’un des moments préférés de mon été » comme il le confiait dans ce reportage (cliquer) réalisé il y a deux ans . 

L. Van Beethoven. Romance pour violon et orchestre n°1 en sol majeur opus 40  – Adagio cantabile 

C’est donc à son violon que Renaud Capuçon débute la soirée. Il joue tout en dirigeant l’Orchestre de Chambre de Lausanne, ensemble qu’il connait bien, car depuis 2021, il en est le directeur artistique. Sans doute, diriger depuis son pupitre de chef, donne au soliste un angle de vue élargi, une ouverture sur propre violon et sur l’œuvre entière. Entend-on une œuvre différemment selon que l’on est chef ou soliste ? Voilà une question que l’on aimerait lui poser. On se souvient d’un magnifique concert donné au Grand Théâtre de Provence, le 3 décembre 2022 avec Ravel, Berlioz, Fauré, entre autres au programme de cette soirée restée dans les mémoires, où Renaud Capuçon et l’Orchestre de Chambre de Lausanne étaient réunis autour d’un programme très romantique.

Ce samedi 19 août Beethoven sonne tout aussi joliment. 

Il nous semble que l’on joue plus souvent la seconde romance aussi, et ce soir-là nous aurons droit aux deux romances si complémentaires. 

La première est bien mise en valeur par la sonorité sublime du violon et la transparence de l’orchestre, l’équilibre est parfait. Un équilibre pourtant pas toujours facile à obtenir, mais ici, on nous emmène dans un nouveau monde : un son incroyablement clair et une interprétation à la fois puissante et intimiste, sans qu’elle soit pour autant surchargée émotionnellement. Le dialogue entre le violon et l’orchestre est parfait. 

La seconde romance de Beethoven est toujours basée sur ce dialogue, mais il nous semble que le violon chante davantage encore. Au fur et à mesure que la musique se déploie, Renaud Capuçon demeure au premier plan, emporté par le lyrisme de cette partition sublime. 

L. Van Beethoven, Symphonie n°1 en ut majeur opus 21 

Le génie du compositeur est là encore exposé et de la meilleure des façons, avec cet orchestre toujours aussi inspiré. On s’étonne tout de même. Les musiciens donnent l’impression de ne pas avoir besoin de chef pour jouer cette symphonie. Pas de regard qui se croise. Chaque pupitre est à sa place et leur connaissance de l’œuvre est telle qu’ils s’y plongent « à l’aveugle ». Il faut dire que leur chef, c’est Renaud Capuçon, qui a troqué son violon pour la baguette.  Ils se connaissent bien et la musique passe aussi par le cœur. Une chose est évidente, Renaud Capuçon a démarré la direction d’orchestre il n’y a pas si longtemps, et c’est un univers immense qu’il lui reste à explorer. Mais avec ses solides acquis, sa grande maitrise du violon, ses connaissances et expériences musicales, qui pourrait s’inquiéter pour lui  ? 

L. van Beethoven. Triple Concerto pour piano, violon et violoncelle en ut majeur opus 56

Allegro
Largo
Rondo alla Polacca 

Après l’entracte, toujours à la baguette, Renaud Capuçon dirige l’orchestre et trois jeunes solistes pour ce triple concerto unique. 

Festival international de piano de La Roque d'Anthéron 2023
Manon Galy, Maxime Quenesson, Jorge Gonzalez Buajasan, Orchestre de chambre de Lausanne
Festival de La Roque d’Anthéron. 19/08/2023
photo Valentine Chauvin

C’est merveilleux de pouvoir réunir trois solistes de qualité et il ne nous faut pas beaucoup de temps pour voir que l’harmonie entre les instruments est souveraine. Nous avons une petite préférence pour le deuxième mouvement,  « largo » dont on aime l’atmosphère intime, quasi chantante. Le rôle de l’orchestre, au côté des parties solistes, fait de lui le véritable « partenaire » des trois jeunes musiciens.  Orchestre, solistes jouent d’égal à égal, même s’ils n’occupent pas la même place dans le dialogue. Leur identité est différente, leurs timbres également. On réalise à quel point cette œuvre est exigeante et demande aux musiciens de coordonner parfaitement leurs intentions ; tout doit s’équilibrer, de l’archet de la talentueuse violoniste Manon Galy, à celui de l’impressionnant Maxime Quennesson au violoncelle, en passant par le clavier de l’excellent pianiste, Jorge Gonzalez Buajasan. De toute évidence, l’influence du chef d’orchestre Renaud Capuçon pour diffuser ce bijou est à ce moment-là essentielle.  

Le Trio Zeliha enchante !  Renaud Capucon les suit depuis plusieurs années et les musiciens ont conquis de nombreuses scènes et la Roque d’Anthéron les accueillait il y a déjà deux ans. Ce samedi soir, on est toujours sous le charme.  Ils sont authentiques et ont de la musique une vision commune. On les a vu évoluer ensemble de la plus belle des manières et on guettera leur prochaine apparition.  

Le Festival est terminé, il fut inoubliable.  A 2024 pour de nouvelles aventures ! 

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