Accueil Actualités Les derniers caprices artistiques et paranoïaques de Donald J. Trump

Les derniers caprices artistiques et paranoïaques de Donald J. Trump

par Pierre-Alain Lévy

Donald J. Trump, à lui seul il fait l’actualité mondial et son besoin irrépressible d’être reconnu, adulé, adoré, flatté, et célébré n’a d’égal, comme il aime la pompe et l’antique et les ors, que les règnes de Caligula ou de Néron. Le Bureau oval est ainsi devenu le temple du kitsch et du mauvais goût et la quincaillerie de Home Depot*qu’il a lui-même collé sur les marbre de la cheminée ne prendra jamais le rang de Versailles voire celles des salles d’apparat du Kremlin ! Vieux complexe américain au demeurant par rapport au « vieux monde »  européen !

Aussi ahurissant que cela paraisse, il y a du Kim en lui ! À courtiser jusqu’au ridicule le dictateur de la Corée du Nord, Kim Jong-un, il en a absorbé la démesure et le culte de la personnalité, il s’est en quelque sorte « appairé »  avec lui comme on dit de deux appareils électroniques qui échangent ensemble leurs données ! Pour qui connait Pyongyang, les statues idoles de la dynastie des Kim font là-bas l’objet d’un culte totalitaire, malheur à quiconque viendrait les critiquer ! Donald Trump rêve de se voir sculpter dans la pierre du Mont Rushmore aux Etats-Unis. Pour 63$ 95 le bon électeur MAGA peut commander chez Walmart un poster en noir et blanc avec son dieu pétrifié au côté de G. Washington, Thomas Jefferson ou Abraham Lincoln ! Il a des rêves de grandeur, de grandiose, ainsi d’ailleurs de la salle de bal de la Maison Blanche pour laquelle il bataille, l’une de ses lubies !

Lors de son premier voyage à Paris en 2017, invité par Emmanuel Macron au défilé du 14 juillet Place de la Concorde, il avait depuis la tribune officielle en ligne de mire l’Arc de Triomphe, et comme Kim Il Sung** pour sa capitale, il en voulait faire construire un à Washington (DC). Selon les dernières nouvelles les travaux de construction devraient commencer dans quelques semaines ! ll avait aussi à cette occasion découvert admiratif le tombeau en acajou de Napoléon aux Invalides…

Son délire narcissique n’a plus de limite renforcé par la servilité de ses courtisans. Que ne dira-t-on de la bassesse des grands patrons de la Tech américaine ( Google, Meta) qui sans attendre, le petit doigt sur la couture du pantalon, ont remplacé illico sur leurs plateformes le nom du Golfe du Mexique par Gulf of America, ou encore plus récemment Lac Ontario par Lake America ! Quelle médiocrité, le soft power américain a sombré. Qui aurait jamais pu imaginer que l’Amérique, celle des Pères fondateurs ( Founding Fathers du XVIIIè siècle) n’infante d’un pareil rejeton qui menace jusqu’aux institutions américaines emblématiques de la démocratie.

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Nous ne listerons pas les innombrables délires du golfeur de Mar-a-Lago comme celui par exemple de débaptiser le Kennedy Center, tout à la fois musée et salle de spectacle prisée de Washington, pour y mettre à la place son nom Trump Center !

Démantèlement de la Blue, oeuvre de J. Shapiro au Kennedy Center de Washington

A cet égard, une oeuvre du sculpteur Joel Shapiro, vient d’y être démantelée et retirée de son emplacement. Blue est son nom. Elle s’y trouvait depuis 2019. Il s’agit d’une sculpture en aluminium de plein air et peinte en bleu cobalt, caractéristique par ses formes de l’artiste mort l’année dernière à l’âge de 83 ans. Elle déplaisait à Donald !

Mais ne nous méprenons pas, dans cette décision d’expulser la statue de Shapiro des pelouses du Kennedy Center, l’argument artistique n’est certainement pas le bon. Si le milliardaire new-yorkais avait une vision ou une influence en art, çà se saurait ! En fait à travers ce choix, Trump fait payer le ressenti qui est le sien face à un monde culturel et intellectuel où il n’a pas accès et dont il se sent exclu.

Se mettre en avant jusqu’à l’absurde, ce narcissisme pathologique, se faire valoir, se faire reconnaître, ce que nous pourrions nommer le syndrome Trump, les livres de psychiatrie et de psychanalyse dans les années à venir ne manqueront pas pour sûr de documenter ce type de personnalité. Vouloir imprimer sa marque, celle d’un prédateur ! Donald Trump architecte, urbaniste, jardinier-paysagiste, critique d’art, stratège… ah le bienheureux homme !

Nous n’aurons pas l’indécence (puisque nous parlons d’art), d’évoquer l’apport de Donald Trump aux lettres américaines ou au discours et à sa rhétorique de la diplomatie… Tout le personnage est là et la vulgarité de ses mots outrepasse la bouffonnerie et la médiocrité du personnage. Pour l’image des USA, le softpower, il a hélas atteint là un sommet ! Un de ses anciens ministres, secrétaire d’état aux Affaires étrangères lors du premier mandat de Trump, Michael R. Pompeo, l’avait qualifié (en anglais dans le texte) de « moron »*** … Nous vous invitons à en découvrir en bas de ce texte la traduction !

«Le roi Midas a des oreilles d’âne…» celles de Donald J. Trump sous sa crinière oxygénée sont bien longues… et le monde entier le sait ! That is the question !

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